C'est la marque de platine dont on parle le plus actuellement et c'est aussi la meilleure platine à 7500 €
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C'est la marque de platine dont on parle le plus actuellement et c'est aussi la meilleure platine à 7500 €
Bienvenue dans le monde de l'ultra-haute fidélité !
Nous vous proposons un récapitulatif des meilleurs produits écoutés en 2025. Prenez le temps de lire cet article...
Ces enceintes sublimes reçoivent aujourd'hui un Achat Ultime Renaissens. Idem pour l'amplificateur Phasemation...
L'année 2025 va vous donner la possibilité d'acquérir des modèles encore plus efficaces, plus discrets et plus...
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J.Sikora a commencé à produire des platines vinyles dès 2007. La marque s'est développée au fil des ans et aujourd'hui elle est fière de proposer quatre modèles par ordre croissant : l'Aspire, l'Initital, la Standard et la Référence; les prix s'échelonnant de 7500 € à 35000 €.
Ces platines s'adressent aux vrais mélomanes ainsi qu'aux audiophiles qui recherchent des sources analogiques sans compromis.
Bienvenue donc dans cet univers où se mêlent l'artisanat, la métallurgie et le design mis au service de la plus grande pureté sonore et la musicalité.
Nous avons fait le choix de tester l'Aspire qui a vu le jour en 2025. Elle correspond à la plupart des demandes qui nous sont faites habituellement. Renaissens se fera bien sûr un plaisir de vous procurer des modèles supérieurs, si besoin était.
Afin de vous éclairer un peu plus, vous trouverez à la fin de notre banc d'essai une interview accordée par Janusz Sikora à Hifi-Pig en 2019
L'Aspire, est aujourd'hui la plus petite platine de la marque, la plus compacte, cela ne l'empêche pas d'afficher déjà 21 kg sur la balance !!!
Le socle est particulièrement pesant et est assez différent des fabrications réalisées par VPI, AMG ou bien Clearaudio.
Le plateau est en Delrin, autre nom donné au POM (Polyoxyméthylène). Il pèse quatre kilos.
L'Aspire est équipée d'un moteur unique à courant continu (asynchrone) et d'origine allemande EBM-Papst. Sa vitesse est d'une régularité exceptionnelle. Cette marque fut déjà utilisée par le passé sur les Thorens TD124, 125 et 126 ainsi que sur des magnétophones professionnels.
Il est fixé au socle par un élément en fonte. L’équipe technique a consacré un important travail afin de bien maîtriser ses vibrations.
Ce socle est en fait usiné dans un alliage d'aluminium, utilisé principalement pour la fabrication d'aéronefs, d'équipements militaires, de machines et de composants automobiles.
Sa composition est la suivante :
| Élément | Min. (%) | Max. (%) |
|---|---|---|
| Si | 0,20 | 0,80 |
| Fe | 0,60 | 0,80 |
| Cu | 3,50 | 4,50 |
| Mn | 0,40 | 1,00 |
| Mg | 0,40 | 1,00 |
| Cr | 0,08 | 0,12 |
| Zn | 0,23 | 0,27 |
| Ti | 0,17 | 0,23 |
| Al | 94,40 | 91,30 |
Le contrôleur et le cache-câbles sont usinés dans un bloc massif du même matériau.
Si l'aspect général de l'Aspire est plutôt épuré, ce qui n'est pas fait pour nous déplaire, on pourrait penser de facto que la platine soit légère...Elle accuse cependant 21 kgs sur la balance, elle est donc très lourde.
Le socle est disponible en trois finitions : blanc, noir et gris métallisé. La finition de l'alimentation optionnelle sera de la même couleur que la platine.
Voici une synthèse claire des avantages et inconvénients d’un bras de lecture unipivot classique :
Le bras repose sur un seul point d’appui, ce qui réduit fortement les frottements.
Résultat : meilleure micro-dynamique, plus de détails et une restitution plus fluide.
Excellent respect des transitoires et des nuances fines.
Moins de pièces mécaniques qu’un bras à roulements classiques.
Moins de bruit de fond et davantage de silence entre les notes.
La cellule peut s’auto-aligner naturellement dans le sillon.
Très apprécié avec des cellules à bobine mobile (MC).
Architecture mécanique épurée.
Potentiel sonore élevé lorsque le bras est bien conçu et correctement réglé.
Le bras peut basculer légèrement autour de son point d’appui.
Sensation d’instabilité lors de la manipulation.
Moins tolérant aux disques voilés ou excentrés.
Réglage du VTA, de l’azimut et de l’antiskating plus complexe.
Demande plus de soin et d’expérience qu’un bras à pivots multiples.
Association masse du bras / compliance de la cellule déterminante.
Certaines cellules à forte compliance ne conviennent pas.
Moins universel qu’un bras à cardans.
Manipulation plus délicate pour les débutants.
Le bras peut osciller si les gestes ne sont pas précis.
Le bras Sikora Carbon se distingue des bras unipivot traditionnels par l’intégration d’un système de palliers en laiton inbriqués et d’amortissement hydraulique par gel.
Comme on peut le voir sur la vidéo ci-dessus, il a été spécifiquement conçu pour maîtriser les phénomènes d’instabilité latérale inhérents à ce type d’architecture.
Ce dispositif agit comme un frein mécanique progressif : il limite les micro-oscillations du bras autour de son point d’appui, tout en préservant la très faible friction qui fait l’intérêt du principe unipivot.
On obtient ainsi un bras à la fois stable, fluide et extrêmement précis.
À l’écoute, ce système d’amortissement apporte :
une image stéréo plus stable et mieux focalisée
un grave plus tendu et mieux contrôlé
une lecture plus sereine des disques légèrement voilés
une tolérance accrue lors de la manipulation
Grâce à cette technologie, le Sikora Carbon combine les qualités musicales majeures de l’unipivot (transparence, rapidité, finesse) avec un comportement mécanique plus rassurant, le rapprochant de la stabilité d’un bras à cardan haut de gamme, sans en sacrifier la liberté de mouvement. La masse effective du bras est de 11.2 g.
Les conducteurs sont en cuivre pur passés dans des gaînes en téflon au sein du bras. Ils vont du porte-cellule jusqu'aux connecteurs rca en un seul morceau, ce qui évite toute soudure ou contact intermédiaire.
Les préamplis phonos utilisés
Nous avons utilisé successivement 2 préamplis phono. Tout d'abord le phasemation EA-220 puis le Thrax Cotys.
Côté ampli 
Nous avons choisi le Super Integrated dernier né de la maison hongroise Heed. Cet appareil s'inscrit dans la droite lignée des Obelisk.
Le Super Integrated séduit immédiatement par un médium superbe, une grande fluidité, beaucoup de caractère. La balance tonale est plutôt chaleureuse, tout en restant très lisible. L’amplificateur paraît toujours vivant, avec une sensation d’énergie permanente. Il affiche une tenue en puissance nettement supérieure à ce que l’on connaissait jusqu’ici chez Heed, ce qui lui permet d’alimenter sans difficulté des enceintes exigeantes.
Côté enceintes
Toujours sur nos enceintes de référence actuelles. les Fyne Audio que vous commencez à bien connaître et qui ont déjà fait l'objet d'un banc d'essai très élogieux dans nos colonnes en juillet 2025.
Côté supports
Nous avons utilisé pour ce banc d'essai deux Podiums 3 indispensables de la marque TCI; ils ont glissés sous le préampli-phono et sous l'amplificateur comme vous pouvez le voir sur la photographie ci-dessus.
Quitte à me répéter, ces plateformes isolent mécaniquement vos appareils de leur support habituel. Ils se comportent donc très différemment des produits de découplage dont le but est d'évacuer les vibrations.
Les podiums réduisent aussi fortement la pollution électromagnétique qui, si vous ne vous en rendez pas compte, a aujourd'hui un impact majeur sur le fonctionnement de votre matériel. Enfin ces mêmes Podiums réduisent le rayonnement de vos propres électroniques. Ils ont été développés pour fonctionner sur des meubles standards (meubles de living, tables, guéridon, etc...). Il est étonnant de constater qu'ils apportent aussi énormément aux meubles hi-fi, y compris les meilleurs.
Count Basie Big Band – Farmers Market BarbecueJazz. Cet album est sorti en 1982 chez Pablo records. Le label a été fondé par Norman Granz en 1973. Ce dernier était un grand ami de Pablo Picasso. Le logo a été dessiné par l'artiste. Cette maison de disques a été prolifique de 1973 à 1983. ✔ Une grande dynamique notamment sur Way out Basie✔ Des timbres très crédibles sur la famille des cuivres et des bois,✔ Les petites notes au piano paraissent très réalistes✔ Image stéréo stable, cohérente✔ La sensation que les musiciens sont “dans la pièce”
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Bach - Starker - Les suites pour violoncelleClassique. Les suites pour violoncelle de Bach constituent l’aboutissement spirituel et technique du répertoire pour cet instrument. Longtemps méconnues jusqu’à leur redécouverte par Pablo Casals au début du XXᵉ siècle, elles sont devenues depuis un passage obligé, donnant lieu à des interprétations passionnément débattues. Construites sur la forme d'une suite baroque, elles gagnent progressivement en complexité et en profondeur expressive, de la lumineuse Suite n°1 à l’ambitieuse Suite n°6. Parmi les nombreuses versions de référence, celles de János Starker — qui a enregistré l’œuvre cinq fois — et sont saluées à juste titre pour leur perfection technique, leur clarté de phrasé et leur profonde humanité.Vous trouverez sur chaque vinyle édité par Speakers Corner un macaron qui spécifie les conditions de réimpression du disque; toutes les opérations sont réalisées en analogique. Cela s'entend extrêmement bien avec cette platine Sikora qui nous offre un florilège de notes, toutes plus sensuelles les unes que les autres. Les dimensions de l'instrument sont incroyablement justes et les timbres un vrai régal. Quelle fluidité ! Jamais nous n'avions eu l'occasion d'écouter ce violoncelle avec autant de présence, de vie. Démarrez l'écoute où bon vous semble et laissez tourner le plateau, "c'est bon, c'est fin, cela se mange sans faim !"
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Shostakovitch – Richter - Preludes et FuguesClassique. La présence de Richter sur cet album est une vraie bénédiction. Cet enregistrement est d'abord paru au chant du monde en 1962, on le retrouvera ensuite chez Philips et des années plus tard chez Speakers Corner. Les Préludes et Fugues de Shostakovitch apparaissent comme une réincarnation moderne de Johann Sebastian Bach. Une fois posé sur la platine Sikora, cet enregistrement full analogique restitue un piano aux timbres somptueux. L'atmosphère semble grave et contenue, avec une avancée lente et pesante. On ressent une austérité, comme une marche intérieure, sans lyrisme démonstratif. Tout est retenu et intériorisé par Richter sur cette platine des plus fidèles, des plus attentives. Un vrai moment de recueillement et d'émotion ! |
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Vangelis - La Fête SauvageBo Film. La Fête sauvage est un documentaire animalier constitué d’images tournées sur plusieurs années par Frederic Rossif, souvent avec des ralentis extrêmes. Le film n'offre aucun côté narratif, il montre simplement le vivant tel qu'il est. Nous possédons deux exemplaires de ce vinyle, l'original Pathé qui date de 1976 ainsi qu'un repressage de 1978. Bien que les deux soient musicalement comparables, l'album le plus récent est bruyant sur certaines plages et moins fin, moins subtil que l'original, la faute à la qualité du pressage. Les usines qui fabriquent des vinyles et qui sont très réputées dans le monde se comptent sur les doigts d'une main : QRP et RTI aux USA, Pallas en Allemagne. Optimal Media offre des résultats de qualité mais dans une moindre mesure. Toutes ces maisons mettent à disposition : ✔ Un contrôle qualité strict✔ Des presses bien réglées✔ Un taux de rebut élevé (donc des pressages + coûteux)
Le test ultime reste selon nous l’écoute. C'est pourquoi un bon pressage doit présenter : ✔ Un silence entre les plages✔ Des attaques nettes✔ Un grave stable✔ Une image stéréo solide✔ Pas de fatigue à long terme
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La platine Sikora Aspire éclipse totalement les platines dont le budget s'étend jusqu'à 7500 €.
Elle possède un avantage énorme sur ses concurrentes, celui de mettre en valeur tous les vinyles, y compris ceux que vous aviez mis de côté car à priori médiocres...
Si une AMG Gyro Mk2 tend à être plus intimiste, l'Aspire est certainement plus dynamique, tout en conservant une bonne qualité tonale. Elle procure en sus un bas du spectre consistant.
Le comportement du bras, s'est révélé à l'usage excellent. En outre, il est équipé d'un très bon câble propriétaire. C'est le meilleur choix pour véhiculer un son de qualité de bout en bout, sans rupture ni connecteur. Cette solution technique évite aussi de dépenser près de 1000 € dans un câble din-rca additionnel, comme c'est souvent le cas sur des platines haut de gamme.
C'est pourquoi, on vous conseille de "mettre le paquet" sur une cellule MC - haut de gamme. Plus haute sera la qualité de votre cellule, plus le plaisir sera manifeste.
Si nous préconisons de monter sur l'Aspire à minima une cellule Vertere Mystic2 d'une valeur de 3000 € qui donne déjà d'excellents résultats, l'écoute progresse très sensiblement avec une Etsuro Urushi Cobalt située à près de 5000 €.
Enfin, la Koetsu Urushi Wajima - environ 7500 €, c'est à dire un budget identique à celui de la platine donne des résultats phénoménaux, y compris avec un "petit" préampli phono. Incroyable...mais vrai !
Rappelez-vous que c'est l'oeil qui lit les lignes d'un texte et non pas votre cerveau qui lui traite l'information reçue. Par analogie, c'est la cellule qui lit le sillon et le préampli phono qui traite ensuite le signal sonore. Meilleure est la lecture en amont et mieux vous comprendrez la musique.
L'Aspire disposant d'un potentiel hors du commun, on vous engage à ne surtout pas vous limiter de ce point de vue.
Nous couronnons donc ce banc d'essai en décernant à la platine vinyle Sikora Aspire un Coup de coeur Renaissens bien mérité.

Denis Schwarzberg
Découvrez maintenant la traduction de l'interview de Janusz Silora accordée à Hifi-Pig en 2019, c'est à dire cinq ans avant le lancement de l'Aspire.
Vous étiez initialement impliqué dans l’industrie métallurgique en Pologne. Comment êtes-vous issu d’une telle formation d’ingénieur pour vous lancer dans la fabrication de platines vinyles et de bras de lecture haut de gamme ?
Janusz Sikora : Tout d'abord, je suis audiophile depuis plus de 40 ans. C'est ma passion et le commerce des métaux a toujours été pour moi simplement une source de revenus. L'expérience et la connaissance des matériaux dans le domaine des métaux non ferreux m'ont permis de construire mes premières platines vinyles.
Je jouais de la guitare quand j'étais jeune et mon père fabriquait des amplificateurs pour la scène. Nul besoin d’ajouter qu’il était impossible d’acheter de telles choses dans les magasins à cette époque. C'est la source de ma passion pour les amplificateurs tubes...
HP : Après la chute du « rideau de fer », la vie en Pologne a dû sembler très différente, avec de nombreuses nouvelles possibilités et opportunités. Comment cela a-t-il affecté vous et l’entreprise métallurgique que vous dirigiez ?
Janusz Sikora : Bien entendu, cela a tout changé à l'époque. L'accès à toutes sortes de machines et d'appareils ont créé un champ du possible immense. Ajoutez à cela une demande interne accrue de biens et de services. Ces facteurs ont permis à la plupart des entreprises polonaises de faire un bond en avant considérable à cette époque. L’entreprise que nous dirigions en faisait également partie.
HP : En 1994, vous avez rencontré Oleg Burdjak qui était ukrainien et vous avez commencé à construire des amplificateurs basés sur des tubes soviétiques. Parlez-nous des créations et de la manière dont elles ont été accueillies par le public.
Janusz Sikora : J'ai rencontré Oleg dans un magasin d'audio de Lublin. Il avait de la famille dans notre ville et je me souviens que son père était polonais et qu'il avait tenté d'obtenir la nationalité polonaise. En Ukraine, Burdjak était musicien et ami de Vladimir Sushurin, plus tard connu dans le monde de l'audio pour Lamm Industries. Il y a longtemps, deux hommes avaient collaboré à la fabrication d'électronique en Ukraine. Fasciné par les tubes, j'ai fait plus ample connaissance avec Oleg et nous avons décidé de produire ensemble des amplificateurs à tubes en Pologne. D'ailleurs, en matière de tubes, les solutions développées derrière le rideau de fer étaient, à cette époque, très innovantes par rapport au reste du monde. C'est ainsi qu'en 1995, nous avons fabriqué notre premier amplificateur à tubes symétrique, basé sur des tubes 6C33C-B. Bien sûr, la qualité du châssis n'était pas un problème pour nous, car je dirigeais encore une entreprise de métallurgie.
La marque Burdjak & Sikora a fait son entrée sur le marché polonais, récoltant d'excellentes critiques et marquant les esprits lors du Salon Audio-Vidéo de Varsovie en 1997 en y présentant en avant-première le Focal Utopia. L'avenir s'annonçait prometteur, mais notre collaboration fut de courte durée. Sans entrer dans les détails, nos chemins se sont séparés. Ce fut la fin de mon aventure dans la production d'amplificateurs à tubes, mais certainement pas la fin de mon aventure dans le monde de l'audio. En réalité, ce n'était que le début...
HP : D’où vous est venue l’idée de construire vos propres platines ?
Janusz Sikora : C'est drôle d'en parler maintenant, mais à l'époque, j'étais complètement anéanti. Je me souviens d'un de mes plus grands rêves qui s'est réalisé lorsque j'ai enfin acquis ma première platine vinyle haut de gamme. C'était un produit d'une marque mondialement connue. Jusque-là, j'écoutais des CD et j'étais assez satisfait de ma chaîne hi-fi.
En achetant une platine d'une telle qualité, je m'attendais à une nette amélioration du son par rapport à ce que je connaissais jusque-là. Il s'est avéré que ce ne fut pas le cas, et la révélation tant espérée n'e s'est pas produite. Ce n'était pas une platine bon marché, et comme je l'ai dit, j'étais vraiment déçu. Malgré mes efforts constants pour améliorer la qualité sonore et le travail réalisé sur l'ensemble de mon système, afin d'exploiter le potentiel caché de cette platine, aucun miracle ne s'est produit.
J'ai commencé à me demander si cet appareil avait vraiment du potentiel. Résigné, j'ai décidé de l'examiner et de la démonter. C’est alors seulement que j’ai réalisé que, peut-être, avec ce genre de matériaux cette platine ne pouvait tout simplement pas offrir de meilleures performances.
L’idée m’est alors venue de fabriquer moi-même une platine, en éliminant un par uin tous les éléments qui me semblaient responsables de cet échec et en les remplaçant par des matériaux que je connaissais bien. J’ai brûlé le socle en contreplaqué dans la cheminée et j’ai décidé d’utiliser des métaux car il ne vieillirait pas et son influence sur le son resterait toujours constante. La suite appartient à l’histoire. L’histoire de centaines d’expériences avec différents types de métaux et leurs interactions, tant au niveau du son que de leurs compositions et proportions. Lorsque j’ai enfin terminé ma première platine, mes amis audiophiles ont été ravis de ses performances et de sa qualité sonore. Les premières commandes sont arrivées. Puis d’autres, de leurs amis. Et c’est ainsi que tout a commencé.
HP : Vous utilisez principalement des métaux dans la construction de vos platines vinyles, pouvez-vous expliquer cette philosophie à nos lecteurs ?
Janusz Sikora : Comme je l’ai mentionné précédemment, mon choix d’utiliser des métaux s’est d’abord fondé sur ma connaissance approfondie du secteur dans lequel je travaillais. Ensuite, il y a eu l’échec de mon expérience avec la première platine vinyle que j’ai achetée. Mon objectif était de concevoir un appareil à partir de matériaux inaltérables, inaltérables, dont l’effet sur le son resterait constant et conforme à ma vision initiale.
HP : Vous avez mentionné que différents types de métaux et différentes combinaisons de métaux et d’alliages ont un effet sur les propriétés sonores d’une platine vinyle. Pouvez-vous développer ce point et expliquer pourquoi ?
Janusz Sikora : Bien sûr. Prenons par exemple le palet presseur. Il pèse chez Sikora 2 kg et est fabriqué en laiton et en bronze, tous deux nickelés, ce qui rend la différence imperceptible à l'œil nu. Un bronze dur donnerait un son plus riche et lumineux, tandis qu'un bronze trop tendre étoufferait les aigus. Tout repose donc sur le choix des matériaux, l'exploitation de leurs propriétés, leur combinaison et la création d'une nouvelle composition, jusqu'à l'obtention d'une satisfaction totale. Dans le cas de notre palet presseur, seule l'association de laiton et du bronze ont les qualités appropriées qui ont permis d'atteindre le résultat escompté. Bien entendu, il n'existe pas de recette miracle pour les proportions et les essences de ces matériaux. Tout est le fruit d'expérimentations sonores longues et ardues. L'histoire des autres éléments métalliques et en alliage de nos platines est similaire à celle de cet accessoire.
HP : Lorsque vous expérimentez avec différentes couches de métaux, avez-vous une idée du résultat sonore que vous obtiendrez avant de réaliser l’expérience ?
Janusz Sikora : Oui, c’est bien de cela dont nous parlons ; nous savons à quoi nous attendre. Je le sais car je travaille avec ces métaux depuis 37 ans et je suis conscient de l’influence que chacun d’eux peut avoir sur le son. Mais « peut » est le mot clé ici. C’est pourquoi, chez J.Sikora, nous ne prenons jamais rien pour acquis et l’expérimentation fait partie intégrante de notre travail et de notre développement.
HP : Vous proposez trois gammes de platines vinyles différentes (Initial, Standard et Reference). En quoi diffèrent-elles en termes de philosophie et de réalisation ?
Janusz Sikora : La philosophie qui sous-tend nos platines repose sur la combinaison de différents métaux, superposés en couches dont les résonances s'atténuent progressivement de bas en haut. Notre modèle haut de gamme représente une évolution radicale de cette philosophie. L'utilisation d'alliages de bronze, de laiton, d'aluminium, de fonte et d'acier inoxydable lui confère un poids de 108 kg. L'absence de compromis à chaque étape de sa fabrication fait de la Reference une platine d'exception à tous égards. Nous avons obtenu une maîtrise totale de la stabilité de rotation grâce à quatre moteurs à courant continu et à notre logiciel de contrôle spécifique, associé à un générateur à quartz. Le modèle Standard constitue le segment intermédiaire. Il s'agit d'une platine de 80 kg équipée de deux moteurs à courant continu. Les matériaux utilisés sont l'aluminium et le laiton. Contrairement au modèle Reference, il ne contient ni bronze, ni fonte, ni acier inoxydable. En revanche, le plateau massif en Delrin est en fonte, ainsi que le palier et le contrôleur des moteurs à courant continu, restent inchangés.
Le modèle Initial de 28 kg est entièrement fabriqué en aluminium, possède un moteur à courant continu et un plateau plus petit en Delrin®. C'est le seul modèle pour lequel, par souci de coût, nous avons renoncé à la perte de résonance due aux couches métalliques. Dans ce cas précis, nous avons utilisé des découpes spéciales dans son socle. Je tiens à préciser que leurs formes ne sont absolument pas le fruit du hasard. Elles sont également le résultat de nombreuses heures d'expérimentations sonores. Comme vous pouvez le constater avec notre gamme Initial, nous sommes restés fidèles à notre philosophie. Pour maintenir ce niveau de prix, nous avons simplement choisi une approche différente pour atteindre notre objectif.




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